Beaujolais Nouveau est arrivé

C’est la tradition : les Beaujolais Nouveaux débarquent le troisième jeudi de novembre et sont les seuls vins dont l’arrivée est fêtée. Cette année, rendez-vous le jeudi 17 novembre.

Le troisième jeudi de novembre, les Beaujolais Nouveaux s’invitent pour transformer la grisaille du moment avec leur teinte chaleureuse qui subtilement capte le regard.  Il faut savoir, qu’il n’y a pas un, mais des Beaujolais Nouveaux. Deux mille domaines et maisons signent le millésime 2016 et deux appellations du Beaujolais produisent des vins nouveaux : Beaujolais et Beaujolais-Villages. Tous les vignerons vous le diront : «Les Beaujolais Nouveaux sont des vins très difficiles à faire». Composés d’un seul cépage, ces vins doivent être élaborés avec des raisins parfaits. Le Beaujolais est le seul vignoble français, avec la Champagne, où la vendange à la main est généralisée Contrairement à la perception de certains consommateurs, les beaujolais nouveaux ne sont pas des vins «industriels » ou «technologiques» mais bien des vins artisanaux.

© JB Laissard/ Inter Beaujolais
© JB Laissard/ Inter Beaujolais
Une macération courte

Pour produire un vin aromatique et fruité, le vigneron pratique une macération courte, de 4 à 7 jours maximum. Celle-ci nécessite un savoir-faire complexe : si la cuve est soutirée trop tôt, le vin sera trop léger et sans couleur. Au contraire si elle tarde, les tanins seront trop durs. Le vigneron exerce ainsi un véritable travail d’équilibriste. En effet, aucun assemblage ni aucun élevage ne viendront corriger une faiblesse initiale. Une fois le raisin vendangé à la main, s’ensuit la vinification beaujolaise, qui consiste à mettre en cuve la grappe entière : une technique traditionnelle pour conserver le plaisir du fruit. La particularité des Beaujolais Nouveaux est d’être des vins figés dans leur première jeunesse. Leur vinification est ainsi interrompue au moment où le vin exprime tout le fruité du raisin. Si les Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveaux se dégustent dès le troisième jeudi de novembre, n’hésitez pas à oublier quelques bouteilles dans votre cave. Elles seront parfaites sur les tables des fêtes de fin d’année ou même lors des premiers barbecues de printemps.

Il existe deux  AOC

Deux AOC sont productrices de Beaujolais Nouveaux : les Beaujolais et Beaujolais Villages. Elles couvrent près de 10 000 hectares de vignes et donnent naissance non pas à un seul beaujolais nouveau, mais à des beaujolais nouveaux, dont les caractéristiques varient en fonction des terroirs et de la « patte personnelle » du producteur. C’est une mention réservée aux vins rouges et aux vins rosés. L’appellation Beaujolais comprend 72 villages de la partie sud et est du vignoble. Implantée sur des sols argilo-calcaires et granitiques, elle est commercialisée à 57 % en Beaujolais Nouveau ce qui a représenté plus de 124 000 hl l’an passé. Les Beaujolais Villages sont situés sur 38 communes, aux sols granitiques, avec des coteaux escarpés. Ils représentent plus d’1/3 des vins vendus en « nouveau» : près de 69 000 hl de Beaujolais Villages ont été commercialisés en 2015, avec l’étiquette «Beaujolais Villages Nouveau». La production des Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveaux est passée de 15 000 hl (à peine 2 millions de bouteilles) dans les années cinquante à 200 000 hl (27 millions de bouteille) en moyenne. Cet accroissement résulte du succès planétaire de ce vin hors normes autour duquel est né un phénomène de société. Il ne faut pas oublier les Beaujolais Nouveaux rosés qui ont aussi la cote, depuis leur lancement, au Japon, en 2006 et qui ont fait leur apparition sur les linéaires français en 2007. Si leur production est encore confidentielle, ces jolis vins fruités sont de plus en plus nombreux, de millésime en millésime : 2 700 hl, en 2007, 5 449 hl en 2009, 4 600 hl en 2015 répartis entre les deux appellations, Beaujolais (4 500 hl) et Beaujolais Villages (100 hl). Soit un total de près de 615 000 bouteilles.

© Inter Beaujolais
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Des vins pour casser la croûte !

Fruités et faciles à accorder, les Beaujolais Nouveaux se consomment à l’apéro mais aussi autour d’un bon repas entre amis. La logique veut qu’ils soient associés à des choses simples, des mets de tous les jours.   On pense spontanément à une assiette de charcuterie lyonnaise. Mais avez-vous déjà dégusté ces vins avec des huîtres ? Une très belle surprise ! Natifs d’une région hautement gastronomique, les Beaujolais Nouveaux se marient avec un poulet de Bresse à la crème ou des queues d’écrevisses. Les plats de bistrots s’harmonisent aussi parfaitement avec ces vins réjouissants. Pourquoi ne pas les associer à un saucisson brioché, des cochonnailles, une volaille rôtie, un fromage de chèvre frais ou une viande de veau grillée ? Ces mets gourmands s’entendront à merveille avec ces vins charmants qui se boivent sans chichi. Pas besoin de déployer de mots savants avant de les déguster. Le plaisir se suffit à lui-même. Les bonnes choses, il faut juste savoir les apprécier.

2016, un millésime très prometteur

Le millésime 2016 n’a pas été un long fleuve tranquille, en Beaujolais comme partout en France. La météo capricieuse au printemps a mené la vie dure aux vignerons. Certains se sont même vu privés d’une partie de leur récolte lors des épisodes de grêle qui ont traversé le Beaujolais au second trimestre. Le retard (tout relatif) du cycle végétatif de la vigne associé à un contexte météorologique chaotique n’ont cependant eu aucune incidence sur le potentiel qualitatif du millésime 2016 qui s’annonce d’ores et déjà très prometteur. En effet, l’été était au rendez-vous et avec lui des conditions de maturation idéales.  Les vendanges se sont ensuite déroulées sous le soleil comme si Mère Nature voulait se faire pardonner en offrant au vignoble un bel été indien… et à en juger par la qualité des raisins récoltés il semble qu’elle n’ait pas lésiné sur les moyens. En bouche, les premières dégustations révèlent un millésime séducteur, avec des tanins fins, souples et de beaux fruits. «Les 2016 misent plus sur l’élégance que sur la puissance et conservent un parfait équilibre entre acidité, fruits et structure, entre fraicheur et gourmandise», constate Bertrand Chatelet, directeur de la Sicarex (Institut de recherche viticole et œnologique du Beaujolais implanté à Villefranche-sur-Saône).

La sélection de « Savoir Cuisiner »

phot-aBeaujolais Nouveau « Les Vignerons de Bel Air » (4,95 €). Robe chatoyante, rubis nuance cerise. Nez de fruits rouges fins framboise-cerise et mûre, réglisse, une note florale violette. Bouche bien structurée entre fruit, fraîcheur et de légers tanins veloutés. A l’apéritif avec pruneaux au bacon, charcuterie de pays, quenelles de volaille, poulet rôti au romarin, foie de veau persillé, chèvre frais, camembert, poire au vin et aux épices. (www.vignerons-belair.com).

photo-bBeaujolais Nouveau Domaines Piron (7€). Vin facile pour les sens, nature, non boisé. Un véritable panier de «fruits». Nez gelée de groseille, cassis, avec une pointe de réglisse et des fines épices. Il se déguste très légèrement frais, vers 14/15°. C’est un vin pour la rencontre, pour l’amitié. Il s’accordera avec les buffets, barbecues, et même les poissons épicés (www.domaines-piron.fr).

photo-1Beaujolais Nouveau Pascal Berthier (7,50 €). Robe grenat sombre aux reflets violines. Au nez, c’est un véritable panier de petits fruits noirs : cassis, mûre suivies de la cerise. Grande vinosité également en bouche avec des épices, le tout équilibré par une belle fraîcheur. Finale charnue, à servir donc autour de 16°c avec une viande ou un fromage de caractère (www.pascal-berthier.com).

photo-2Beaujolais Nouveau Robert Perroud (8 €). Robe pourpre aux reflets roses. Nez de framboise juteuse et de rose. La bouche offre un touché délicat et soyeux, avec des notes de fruits rouges et une touche d’épices. La finale est salivante avec une certaine sucrosité, des tanins qui sont enrobés. Belle buvabilité en perspective (www.robert-perroud.com).

Beaujolais Nouvphoto3eau Bio Anthony Pérol (9 €). La robe grenat la plus intense du millésime, aux reflets violines. Le nez est très varié, il évoque un coulis de fruits des bois, La cerise cuite, le raisin, les épices mais aussi des notes fumées et grillées. La bouche est tout aussi riche et suave… La matière et les tanins offrent un bel avenir à ce grand vin du beaujolais Bio (www.domaine-perol.com).

photo-4Beaujolais-Villages Nouveau « Vignes de 1940 » Jean-Michel Dupré (8 €). Robe pourpre aux reflets violines. Nez subtil de fruits des bois, de framboisine et de rose. Bouche aérienne et minérale. Finale élégante et désaltérante (www.jeanmichel-dupre.com).

Beaujolais-Villages Nouveau « Vignes de 1951 » photo-5Lucien Lardy (8,50 €). Robe carmin aux reflets roses. Nez gourmand de raisin, d’épices et de rose. La bouche élégante propose un fruité frais et spontané avec une finale fluide et aérienne (www.lucien-lardy.com).

photo-6Beaujolais-Villages Emmanuel Fellot (8 €). Robe pourpre aux reflets violines intenses. Nez délicat de framboise et de raisins murs. Beaucoup de fruits, de finesse et d’équilibre en bouche, les tanins sont soyeux et élégants. (www.beaujolais-fellot.com).

© JB Laissard/ Inter Beaujolais
© JB Laissard/ Inter Beaujolais